mardi 23 août 2016

Quand les politiciens ont besoin d'un burkini pour cacher leur impuissance

    Il a suffi d'une bagarre sur une plage de Corse, pour un motif tout autre, pour que le monde politique ne parle plus que du burkini, ce costume de bain couvrant tout le corps. Des maires l'ayant interdit, les politiciens de droite ont surenchéri. Et comme si la tenue à adopter sur les plages était devenue la grande question du moment, Valls a dit comprendre cette interdiction.

    Le burkini est, comme le voile, le signe d'une soumission imposée aux femmes, en vertu de prétextes religieux qui voudraient qu'elles se couvrent en toutes circonstances sauf devant leur mari, seigneur et maître. Cela fait partie des comportements et des préjugés à combattre, bien plus chez les hommes que chez les femmes, mais cela ne se résout pas à coups d'interdictions sur les plages. Sauf que justement, les droits des femmes ne sont le problème ni de ces maires ni de Valls.

    Les principaux candidats, déclarés ou non, à la présidentielle, sont en pleine concurrence. C'est à qui promettra plus de sécurité, plus de "lutte contre le terrorisme", en particulier depuis l'attentat de Nice. Ils n'hésitent pas à laisser entendre que tous les musulmans sont suspects d'autant que l'organisation "État islamique", qui impose sa dictature en Syrie et en Irak, a salué en héros l'auteur de cet attentat odieux.
    En réalité, tous ces politiciens n'ont rien dans leur besace. Le terrorisme, c'est la politique de l'État français lui-même qui l'entretient, même s'il n'est pas le seul. Ce sont ses interventions militaires, son appétit pour les richesses de l'Afrique ou du Moyen-Orient, sa collaboration avec les pires dictatures, son mépris des peuples, qui font le terreau où pousse le terrorisme. Ni l'état d'urgence, ni le déploiement policier, ni bien sûr les surenchères ridicules à propos de femmes qui se baignent tout habillées, n'empêcheront cette guerre de se manifester aussi sur le sol français, de façon imprévisible.

lundi 8 août 2016

Jeux Olympiques : spectacle, paillettes et réalité sociale

    Plus de trois milliards de téléspectateurs auraient assisté à la cérémonie d'ouverture des JO à Rio : paillettes, samba, feu d'artifice, défilé de vedettes. Peu importe aux organisateurs de ce grand cirque médiatique que le Brésil sombre dans une grave crise économique, doublée d'une crise politique. Peu leur importe qu'une majorité de Brésiliens s'oppose aux Jeux et que la torche olympique ait été, par endroit, sifflée dans les rues de Rio. Peu leur importe que des milliers de pauvres des favélas aient été jetés à la rue sans être relogés pour faire place aux stades, aux routes pour les desservir, aux parkings. Peu leur importe que l'État de Rio, déjà en faillite, soit incapable de payer la facture qui sera inévitablement présentée à la population, déjà frappée par la crise économique. Peu leur importe que les policiers et les militaires déployés dans les rues le soient moins pour protéger la population contre un éventuel acte terroriste que pour protéger le cirque médiatique contre la population. Peu leur importe tout cela : que le spectacle continue ! Que les téléspectateurs soient arrosés d'images de ce formidable support de publicité qu'est l'évènement sportif le plus regardé au monde !

    Lorsqu'il a été désigné pays organisateur de ces jeux, le Brésil était présenté comme un « pays émergent », un de ces grands pays pauvres qui étaient en croissance et dont on prétendait qu'ils étaient susceptibles de tirer l'économie capitaliste en crise vers la reprise. Mais, depuis, la crise a frappé le Brésil, avec d'autant plus de violence que les taux de croissance spectaculaires n'ont profité qu'à la bourgeoisie locale et surtout aux grandes entreprises multinationales. La croissance n'a que très peu amélioré le sort des classes exploitées, mais l'effondrement les atteint de plein fouet.

    Malgré le clinquant de la classe privilégiée, le Brésil reste un pays sous-développé, marqué par les inégalités, miné par la corruption. La vitrine que sont censés être les JO ne montre pas seulement les performances sportives ou des images de carte postale des plages de Copacabana. Elle montre des hébergements insalubres même dans le village olympique, les détritus flottant dans la baie où doivent se dérouler les épreuves nautiques. Combien d'argent détourné par de petits margoulins de la bourgeoisie, combien pour arroser les responsables politiques à différents niveaux ? Et surtout, combien d'encaissé par les entreprises du BTP qui ont construit les stades, le village olympique, le métro et les autoroutes ? Et combien par les banques, les compagnies d'assurance, qui sont derrière ?
    C'est le sport et ses performances qui font vendre, mais ce sont des milliers de bourgeois grands et petits qui encaissent. Et la majorité pauvre de la population du Brésil qui payera.

vendredi 5 août 2016

Le bal des hypocrites

    Les grands partis n'ont pas encore désigné leurs candidats à l'élection présidentielle et leurs porte-parole sont en vacances les pieds dans l'eau, mais l'on sait déjà sur quoi portera leur campagne : prétendre lutter contre le terrorisme en affirmant bruyamment tout et n'importe quoi.

    Ils prétendent tous combattre le terrorisme. Mais ils ne le combattent pas, ils le nourrissent. La première réaction de Hollande à l'attentat au camion à Nice a été d'intensifier les bombardements sur la Syrie. Comme si écraser sous des bombes des hommes, des femmes, des enfants en Syrie pouvait empêcher qu'ici, en France, d'autres Nice se reproduisent ailleurs ! La mort semée au Moyen-Orient n'a pas empêché deux jeunes crapules d'égorger un curé à Saint-Étienne-du-Rouvray.

    Quel que soit le cheminement individuel de chaque apprenti terroriste, leur violence criminelle se nourrit de la violence à bien plus grande échelle des États, ceux de la région et plus encore des grandes puissances impérialistes rivales, leurs intrigues diplomatiques, leurs interventions armées, ici pour mettre la main sur le pétrole, là sur l'uranium, ailleurs pour piller les richesses d'un pays pauvre et partout pour vendre des armes à des dictateurs contre leur propre peuple.

    Tous les hauts serviteurs de la bourgeoisie en compétition pour la présidence de la République, de la gauche gouvernementale à l'extrême droite, se posent en défenseurs de la veuve et de l'orphelin. Ils ne le sont pas. Pas seulement parce qu'au Moyen-Orient, les Mirage envoyés par la France contribuent à faire des veuves et des orphelins. Mais aussi parce qu'ici même, en France, leur démagogie sécuritaire ciblée accroît les tensions entre communautés, installe la suspicion, fait des musulmans, des Arabes et plus généralement des migrants d'hier et d'aujourd'hui des boucs émissaires. Et il ne suffit pas d'inviter des musulmans à une messe catholique ou l'inverse pour que s'arrêtent le racisme, la xénophobie et la méfiance qui pourrissent la vie sociale.

jeudi 4 août 2016

Techno-Vert (Belfort-Montbéliard) : Manœuvres patronales sur le chantier du Nouvel Hôpital



mardi 19 juillet 2016

L'attentat de Nice et ceux qui exploitent l'émotion

    Le tueur de Nice était-il un déséquilibré aux pulsions morbides ou un radicalisé de fraîche date ? S'est-il réellement inspiré des appels au meurtre du groupe État islamique ? On ne le saura peut-être jamais et cela ne change rien.

    Qu'il l'ait voulu ou non, son acte a pris une signification politique parce que foncer dans une foule, écraser enfants, femmes, hommes en voulant faire le plus de morts possible, correspond à la politique voulue par Daech qui a d'ailleurs fini par revendiquer l'attentat.

    Cette organisation terroriste veut dresser un mur de haine dans la population. Elle mise sur les frustrations, les injustices et le racisme qui existent dans le pays pour recruter. Et qu'entend-on du côté du FN et de la droite ? Des propos à l'emporte-pièce et des amalgames entre les attentats, l'islam et l'immigration qui vont exactement dans le sens recherché par Daech.

    Il est stupide et répugnant d'opposer les immigrés ou les musulmans à la population dite « française » quand on sait qu'à Nice, le terroriste a frappé indistinctement, sans faire cas de la religion ou de l'origine de ceux qui étaient sur sa route.

    Le Pen avec son obsession anti-islam, Sarkozy avec son « identité nationale », jusqu'à Hollande et Valls qui prônaient il y a peu la déchéance de nationalité pour les binationaux, tous ont contribué à alimenter un climat délétère. D'une manière ou d'une autre, ils ont tous défendu l'idée qu'il fallait plus de frontières et moins d'immigration.

    Les réflexions racistes, les appels aux immigrés à « rentrer chez eux » qui s'expriment ouvertement depuis l'attentat sont la conséquence de la démagogie passée et présente de ceux qui se prétendent des « responsables politiques ».

vendredi 15 juillet 2016

Un attentat monstrueux



mercredi 13 juillet 2016

Famille Peugeot, ce n’est pas la crise pour tout le monde



lundi 11 juillet 2016

Continuer de faire entendre le camp des travailleurs

    Hollande a profité de l'Euro de Football pour pérorer sur « l'amour », « la joie », « le rassemblement » et « l'union nationale ». Comme si l'engouement autour des Bleus pouvait faire disparaître la colère sociale qui existe dans le pays !

    Quand Hollande mouille le maillot, c'est pour faire équipe avec le patronat et attaquer les droits des travailleurs, et ça, ça ne s'oublie pas.

    La loi El Khomri a fait tomber les masques. Y compris pour ceux qui avaient encore espoir en lui, le gouvernement est apparu pour ce qu'il est : un gouvernement de combat contre les exploités, un gouvernement qui les méprise et se moque de leurs problèmes.

    Des centaines de milliers de salariés ont exprimé leur opposition quatre mois durant. Il y a eu des pétitions, des grèves, une douzaine de journées d'action nationales. Comment a répondu le gouvernement ? Par des mensonges et du chantage, en essayant de minimiser et de discréditer la contestation et en usant de l'intimidation et de la répression.

    Pour finir, comme il était incapable de dégager une majorité à l'Assemblée, il est passé en force en recourant à l'article 49-3. Avec la loi El Khomri, le gouvernement a fait une spectaculaire démonstration de servilité vis-à-vis du patronat et de mépris envers les travailleurs.

    Oui, les travailleurs ont besoin d'unité et de rassemblement, mais entre eux, sur des bases de classe. Et c'est ce que la mobilisation contre la loi Travail a commencé de faire.